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Le « scanner », de la numérisation au faux et usage de faux : une banalité au Cameroun

Mis à jour : lundi 25 février 2019 à 12:24 | Lus : 965 | Commentaires : 0

 

Le terme scanner est un anglicisme qui désigne en médecine, un appareil de radiodiagnostic composé d’un système de tomographie et d’un ordinateur qui en fournit les résultats sous forme d’images.
Dans le domaine technique, le scanner désigne un appareil électronique qui permet de transférer vers un ordinateur, des documents physiques en fichiers numériques. On parle encore de numérisation pour désigner l’action de scanner.

L’objet de notre préoccupation dans cet article est lié à la technique, donc à la deuxième définition donnée ci-dessus. Le « scanner » dans notre contexte désigne une autre réalité que je vais étaler ici. Que ce soit les élèves, les étudiants, les travailleurs, les chercheurs d’emploi, beaucoup ont souvent recours au « scanner » dans la constitution de leurs différents dossiers. De quoi s’agit-il exactement ? Qu’est-ce que ce « scanner » dont je souhaite parler ici ?

 

Qu’est-ce que certains Camerounais entendent par « scanner » ?

Le « scanner » pour certains de mes compatriotes est, cette action (ou mieux cette série d’actions !) qui consiste à numériser un document (diplôme, bulletin de paie, bulletin de notes, certificat de travail, prise de service, etc.) et à modifier le contenu (date, nom ou autre contenu) du fichier numérisé ; ce dernier est ensuite imprimé sur du papier afin de faire croire qu’il est authentique. Pour ne pas mâcher les mots, le « scanner », dans l’entendement de beaucoup de mes concitoyens camerounais qui ont recours à ce genre de procédés, c’est falsifier un document ! Et c’est devenu quelque chose de banal que le technicien (infographe) qui refuse de « scanner » pour une question d’éthique est traité de tous les noms d’oiseaux.

 

Utilisation du « scanner » par les élèves/étudiants

Dans les lycées, collèges et autres établissements d’enseignement secondaire, les élèves cancres ont pour sport favoris en certaines périodes de l’année scolaire, la falsification des bulletins de notes. La plupart des établissements ayant adopté l’informatisation des notes, cela devient relativement facile pour cette catégorie d’élèves. Ayant passé plus de temps dans les bars, les boîtes de nuit et/ou à consommer le chanvre et les drogues de toutes sortes que dans les salles de classes, ils/elles arpentent en fin de trimestre les secrétariats bureautiques et ateliers d’infographie pour créer, pardon, pour « scanner » les bulletins de notes. C’est à ce même sport que se livrent aussi certains étudiants avec les relevés de notes. Certains parents ne sont pas en reste. Il y’en a qui encouragent leurs enfants à la médiocrité en se lançant eux-mêmes au « scanner » pour trouver une place à leur progéniture dans un établissement.

 

Utilisation du « scanner » par les travailleurs

De nombreuses occasions de « scanner » des documents s’offrent aux travailleurs tout au long de leur carrière. De la note de prise de service au bulletin de paie en passant par l’attestation de domiciliation bancaire et le certificat de travail, les occasions d’utiliser le « scanner » ne manquent pas.

 

Utilisation du « scanner » par les chercheurs d’emploi

Obtenir un emploi est de plus en plus rare au pays que, ceux qui n’en ont pas, « sont prêts à tout » pour en décrocher un. S’il y en a qui sont prêts à « vendre un membre de leur corps ou de leur famille », la falsification d’un document ne serait que quelque chose de naturelle.

 

Pourquoi ?

A force de voir et d’en entendre parler un peu partout, que ce soit dans les bureaux, les marchés, le taxi, au quartier, je me suis demandé le pourquoi de cette frénésie vers la falsification de documents. A chaque fois que l’occasion m’a été donnée d’entendre parler de « scanner » dans le sens de la falsification, je n’ai pas hésité à être curieux et à poser des questions aux différentes parties impliquées dans ce processus de falsification. De l’infographe ou toutes les autres personnes qui manipulent l’outil informatique et ont quelque compétence pour falsifier à leurs clients (élèves, étudiants, travailleurs, etc.), les raisons qui poussent les uns et les autres à « scanner » sont multiples.

Pour le technicien, celui qui a des compétences pour falsifier, le mobile est beaucoup plus pécuniaire. L’argent !

Pour les « clients », élèves, étudiants, chercheurs d’emploi et travailleurs, les mobiles sont divers. Mais dans le fond, c’est toujours l’argent ! « On n’a tué personne grand-frère ! On cherche la vie ! » ai-je entendu. Si je comprends bien, on peut se livrer à tout type d’activité, tant qu’on ne « tue » pas, on n’a rien à se reprocher !

Ô argent, qu’est-ce que tu n’es pas capable de nous faire faire ? De la manière dont ces personnes agissent et de la façon dont elles sont prêtes à faire des confidences me laissent parfois perplexes ! C’est à croire qu’elles ignorent complètement la loi et que l’activité à laquelle elles se livrent est un délit. Que non ! La plupart le savent bien. « La vie est dur au pays tous les moyens sont bons pour se faire de l’argent ! » me fait-on comprendre. Sous le fallacieux prétexte que la « vie est dure au pays », on a « l’obligation » de se livrer à tous types d’activités au mépris de la loi et de l’éthique.

Il est un constat pour qui a un peu de discernement : l’anormal devient de plus en plus le normal et surtout LA NORME ! Dans notre pays, vouloir respecter les règles et lois est très mal perçu par certaines personnes. Au point où, les personnes qui ont une certaine éthique sont prises pour cibles par les autres.

J’ai entendu un jeune homme lancer un jour : « tout bon Camerounais qui se respecte est malhonnête ! » Quelle abomination ! Et c’est ce genre d’idée qui est le plus véhiculé en certains milieux. Si bien qu’ils sont fiers de dire que, partout dans le monde, dès qu’on se présente comme étant Camerounais, on déchaîne la méfiance. Moi je ne partage pas ces idées et j’en suis contre. Car mon quotidien me fait rencontrer des Camerounais et des Camerounaises honnêtes, et fiers de l’être. Ils ne sont pas des anges mais, ils sont en quête perpétuelle de perfectionnement. Je ne sais pas si vous en connaissez, vous, des êtres humains qui soient des anges ! Moi, pour le moment, je n’en connais pas. Je connais tout de même des Camerounais et des Camerounaises, des êtres humains, qui sont des gens bien ! Ils sont généralement discrets et cherchent continuellement à s’améliorer.

 

Que doit-on faire face à cette frénésie au « scanner » ?

Une prise de conscience individuelle est indispensable pour tous.

Déjà pour les techniciens, ceux-là qui falsifient les documents pour d’autres. S’ils décident tous de ne plus se livrer à ce genre de pratiques, je pense qu’ils n’auront plus de « clients ». Par conséquent, plus de « scanner » dans le sens de la falsification ! Utopie ! Me direz-vous. Oui, aujourd’hui une utopie. Mais qui dans le temps, pourra être une réalité vécue.

Pour les clients, ceux qui font faire la falsification et qui l’utilisent. Il serait intéressant pour eux de mettre de côté leurs égos individuels pour penser au bien collectif. Qu’enseigne-ton à notre progéniture ? Que laissera-t-on à ceux qui seront ou qui viendront après nous ? Il serait également intéressant d’éviter d’avoir recours à telle pratique parce qu’on a vu untel y avoir recours.

Pour ceux qui n’ont pas encore eu recours à cette pratique de falsification ou qui ne la connaissent pas encore, NE VOUS Y LIVREZ PAS !

Chacun à son niveau, par son action, peut faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre, ou la maintenir en équilibre !!! Ne dit-on pas que ce sont des petites rivières qui font de grands fleuves ?!

 

Jean LINCONNU

 

 

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